Les chevaux de travail de l’ écurie Rigaux

La ville de Libramont, au coeur des Ardennes belges en Province de Luxembourg, abrite annuellement la plus grande foire agricole et forestière de plein air en Europe. La foire est le rendez-vous incontournable des éleveurs et amateurs de chevaux de trait ardennais et un haut lieu du prestigieux concours de la race. La Société du Cheval de Trait Ardennais fut l’instigateur du premier concours en 1927 et initia ainsi l’organisation annuelle de la foire agricole et forestière de Libramont. C’est avec ces pensées que je gagne la périphérie de la ville à la rencontre de Sébastien Rigaux.

 

DSC_0500
La Foire agricole et forestière de Libramont et son traditionnel concours du cheval de trait Ardennais.

 

Elever et préparer les chevaux en fonction de leur destination

A l’ écoute de Sébastien Rigaux, je me suis remémoré les propos tenus par Alexandre Champion de l’entreprise Hippo-Ecolo lors de son allocution aux Equi-meeting cheval territorial 2016 à Lion d’Angers. De la même façon, Sébastien Rigaux évoque: “Les éleveurs doivent comprendre qu’élever n’est plus suffisant. Pour s’assurer les débouchés, il faut en plus débourer et préparer les chevaux en fonction de leur destination”.

En effet, la clientèle recherche des chevaux façonnés selon les utilisations pour lesquelles elle les destine. “Un cheval de trait qui devra évoluer dans les vignobles n’est pas du tout préparé de la même manière qu’un cheval destiné au débardage” explique Sébastien Rigaux. Dans le premier cas de figure, toute résistance à la traction ressentie par l’équidé dans la vigne doit entrainer l’arrêt spontané du cheval. A l’inverse, en débardage, une résistance à la traction doit encourager le cheval à donner une impulsion supplémentaire sur le collier. Voila , parmi tant d’autres, une expérience que Sébastien Rigaux a vécu lors de sa première transaction il y a une dixaine d’années lorsqu’il a dû corriger l’éducation du cheval de trait ardennais parfaitement préparé au débardage mais inadapté aux travaux de la vigne pour lesquels il était destiné et qu’il avait livré aux mains d’un vigneron.

DSC_0270

Malgré une formation assidue et une longue expérience, Sébastien Rigaux révèle une soif d’apprendre chaque jour de son métier. Un métier aux multiples facettes et aujourd’hui exclusivement tourné vers le monde du cheval et celui du cheval de trait en particulier: commerce, élevage, débourage, préparation des chevaux de trait à l’attelage, au débardage, aux travaux dans la vigne, aux travaux en milieux urbains ou encore aux travaux de maraîchage ou de prestations agro-environnementales. Il est aussi formateur et utilisateur de chevaux de trait dans diverses prestations. Sébastien Rigaux est un concurrent redouté dans les concours d’attelage qu’il a remporté à maintes reprises.

DSC_0280

Sa plus belle récompense fut sa première victoire en maniabilité à 4 chevaux lors de la Route du Poisson en 2012. Une discipline qui l’a amené à de nombreuses reprises sur la plus haute marche des podiums. Ses écolages et ses apprentissages ne sont pas étrangers à de tels résultats: d’abord dans l’ Ecurie Olivier à Libramont puis dans celle de Félix-Marie Brasseur. Des écuries où il n’existe pas de place pour le hazard ni l’approximation. La passion, l’apprentissage, le travail et la persévérence feront le reste pour que l’ Ecurie Rigaux jouisse aujourd’hui d’une réputation et d’une renommée remarquée au sein du monde du cheval d’attelage et de travail en Belgique et dans les pays limitrophes ( Luxembourg, France, Allemagne, Hollande).

 

DSC_0777
A la Route du Luxembourg 2017, sous les yeux de Félix Marie Brasseur

Un cheval de trait Ardennais allégé et polyvalent

L’ Ecurie Rigaux abrite 6 juments poulinières avec leurs poulains ainsi que 4 à 6 chevaux préparés à l’attelage ou au travail et prêts en permanence à trouver preneur.

Le cheval de trait ardennais est majoritairement représenté au sein de l’ Ecurie Rigaux qui a résolument pris la direction de l’allègement de la race afin de retrouver un cheval davantage carrossier et adapté aux réalités des utilisations modernes du cheval de travail. Le programme de sélection qu’a entrepris Sébastien Rigaux s’inscrit dans la politique du stud book belge du cheval de trait ardennais qui avait initié un premier protocole de croisement des juments de trait ardennaises avec des étalons arabes, donnant ainsi naissance après la troisième génération, aux produits dénommés “Arattel”. Ce premier protocole n’ayant pas donné entière satisfaction, un second protocole de croisement de juments ardennaises avec des étalons de sang plus froid fut initié avec le Cob Normand.

DSC_0779
Des chevaux Ardennais davantage carrossiers

Ce croisement avec le Cob Normand donne le produit recherché à la deuxième génération et il est plus adapté au travail que l’Arattel du premier protocole, ce qui n’est pas étonnant puisqu’il est issu de deux races de trait” souligne Sébastien Rigaux. Ce protocole permet donc d’ obtenir plus rapidement le produit recherché: un cheval de trait ardennais allégé et plus trapu, proche du standard de la race telle qu’il existait dans les années 1900 avant que les éleveurs n’orientent la sélection vers des chevaux viandeux quasiment inaptes au travail. “Ces chevaux ardennais issus du croisement avec le Cob Normand sont très agréables à mener. Ils ont un très bon caractère et ont du courage au travail. Avoisinant les 750-800 Kilos, ils sont aussi capables de réaliser des travaux lourds; ce qui les rend très polyvalents” indique Sébastien Rigaux.

Longues guides ou cordeau, une question de culture

Les chevaux qui quittent l’élevage Rigaux ont été soigneusement élevés, éduqués et préparés aux travaux ou à la discipline pour lesquels les acheteurs en feront usage. En fonction de la demande, les chevaux sont éduqués pour être menés au cordeau ou aux longues guides. Traditionnellement, c’est la méthode aux longues guides qui est la plus fréquemment demandée en France alors que les belges et les français du Nord sont davantage tournés vers le menage au cordeau. Pour Sébastien Rigaux, il n’est pas question d’une méthode meilleure que l’autre mais plutôt d’une culture ou d’une tradition selon les régions. Sa technique privilégiée est le menage aux guides car il est à la base un meneur d’attelage avec une main suffisamment souple pour transmettre l’ordre au cheval avec précision. Sébastien Rigaux dispose d’une paire de chevaux ardennais qu’il s’est spécifiquement attitrée pour l’attelage mais qui est tout aussi bien utilisée dans d’autres prestations comme celle du labour pour lequel les chevaux sont également attelés à la bricole et menés aux longues guides. Le menage au cordeau est davantage souhaité de la part des meneurs en prestations de débardage.

DSC_0741
A la bricole et aux longues guides à la charrue

Outre les chevaux issus de son élevage, Sébastien Rigaux débourre et éduque au travail des chevaux venus de l’extérieur. Au total, près d’une centaine de chevaux sont formés annuellement au sein de l’ Ecurie Rigaux qui voit l’avenir du cheval d’attelage et de travail avec optimisme et qui devrait s’agrandir de nouvelles installations dans un avenir proche.

 

Contact:

Sébastien Rigaux

0032(0)476 54 26 32

info@ecurierigaux.behttp://www.ecurierigaux.be

6800 Libramont

Belgique

 

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. christophe dit :

    La classe !!! Gros

    J'aime

  2. De Visscher Jean-François dit :

    Très bel article.

    J'aime

    1. Valère Marchand dit :

      Merci

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s